« TER trop larges » : Une com peut en cacher plein d’autres

 

201405-ML

 

Depuis 2 jours, RFF et la SNCF sont dans la tempête. Nul n’a de mot assez dur, ou assez condescendant, pour fustiger nos deux acteurs majeurs du ferroviaire.

La presse se régale. Des ministres s’indignent. Des élus locaux font barrage de leur corps à toute sollicitation financière. Les réseaux sociaux s’enflamment… Bref, c’est la curée.

Tout cela pour quelques centimètres (et quelques millions d’euros aussi, il faut en convenir). Mais on ne déplore, à ce jour en tout cas, aucune victime, pas même un blessé léger. La note peut sembler salée mais, après tout, elle est modique au regard du budget annuel de maintenance du réseau de chemins de fer. Et surtout, elle ne fait que procéder à une harmonisation des écarts de quai à quai dont on a quelques raisons de penser qu’elle ne perdait rien pour attendre.

Alors pourquoi un tel emballement !? Pourquoi autant de virulence !? Pourquoi 2 poids 2 mesures !? Car le même président de la SNCF dont une parlementaire réclame aujourd’hui la démission fut couronné roi de la communication de crise au lendemain de l’accident de Brétigny sur Orge (6 morts) dans lequel la responsabilité technique de la SNCF s’avère finalement engagée !

On enfoncera bien une porte ouverte en bêlant que « tout ça, c’est de la com ». Sauf que, curieusement, il est plus difficile de se défendre de 50 (ou 80) millions de dépenses un peu trop vite engagées que de 6 morts tombés au champ des restrictions de maintenance des voies. Surtout, RFF et SNCF ont eu à faire front aux communications conjuguées de tous ceux qui ont trouvé l’occasion de faire assaut de vertu budgétaire.
Un gouvernement toujours soupçonnable de ne jamais en faire assez dans la restriction des dépenses publiques désigne là un bon bouc émissaire. Des régions sommées de fusionner plus pour dépenser moins trouvent là l’occasion de se dresser pour défendre leur contribuable. Des médias complaisants avec un ancien ministre fraudeur fiscal peuvent se rattraper à bon marché dans la traque de la gabegie .

Et, au final, tout cela milite pour l’évidence d’une réforme ferroviaire imminente . En les fusionnant, elle va enfin permettre aux « crânes d’œuf » de RFF et SNCF de se parler. Moins de 20 ans après les avoir séparés, au nom d’une même pensée unique.