De la poule et de l’œuf comme du soupçon et de la rumeur

Beau dilemme de communicant que celui qui surgit sur la question de la moralisation de la vie politique.
Au moment où une affaire (après beaucoup d’autres) mettant en cause les rapports douteux de quelques personnages politiques avec l’argent vient doper le vieux relent du« Tous pourris » qui frappe l’ensemble de son personnel, la publication du patrimoine de nos élus est-elle de nature à les laver du soupçon ou au contraire d’accréditer la rumeur de leur consubstantielle corruption ?
Convenons d’un côté qu’ « on ne prête qu’aux riches » ou, si vous préférez, que « la réponse est dans la question ».
Mais, selon un sondage réalisé les 9 et 10 avril (= 8 jours après les aveux de Cahuzac), déjà 55% des Français considèreraient que « la plupart des hommes et des femmes politiques sont corrompus ». Faut-il craindre que la publication de leur patrimoine fasse encore grimper ce chiffre inquiétant !?
Au lieu de légitimer le soupçon par la rumeur ou d’accuser le soupçon d’alimenter la rumeur, il faudrait sans doute écraser les deux en même temps.
Mange la poule et elle s’arrêtera de pondre. Bats les œufs et ils n’écloront pas.