Le cumul, jusqu’à la nausée !

Je sors de la réserve où je laisse ce blog trop souvent plongé pour m’insurger contre la majorité de nos sénateurs qui s’apprête à faire échec ce jour à la loi sur le non cumul des mandats, et particulièrement contre ceux qui se revendiquent de la majorité présidentielle voire d’un parti qui en avait fait un pilier de son projet de rénovation.
Je ne le fais pas tel un bijoutier niçois par légitime réaction contre la destruction méthodique de mon fond de commerce naissant. Encore que, cette nouvelle agression contre ce qui reste d’une idée noble et désintéressée de la politique n’augure pas du regain de crédit de celle-ci, crédit sans lequel la communication publique des collectivités locales ne remontera pas le sien.
Je ne le fais pas non plus en pensant aux motifs cachés de ce refus pour la bonne raison que, étant cachés, évidemment, je les ignore.
Je le fais par nausée pour les arguments invoqués par les cumulards. Ainsi JM Baylet, qualifié sur une antenne radio de « médaille de bronze des cumulards de la république », justifiait-il ce matin son cumul de mandat de parlementaire avec ses autres mandats locaux par l’intérêt qu’il trouvait à « être obligé (sic) de me retrouver parmi mes concitoyens » tout en indiquant que son secret est : « je délègue beaucoup ». S’il faut avoir un mandat local pour être obligé de se retrouver parmi ses concitoyens, un conseil Jean-Michel : Lâche ton mandat national et tu t’y retrouveras sans même y être obligé ! Elle est pas belle la vie !
Mais c’est là que surgit le 2e grand argument du cumulardisme, celui que Jean-Michel n’a même pas eu besoin de formuler ce matin tant il a dû le rabâcher. Il faut bien qu’il ait un mandat national pour défendre les dossiers du département qu’il préside ou de la ville qu’il dirige. Car un député ou un sénateur à mandat unique n’en serait évidemment pas capable. Ou alors, il ne le ferait qu’à l’aune de l’intérêt de la République et sans privilégier une partie contre une autre de sa circonscription. Ce qui est quand même la moindre des choses que l’on puisse exiger d’un bon parlementaire.
Reste le dernier argument, la botte secrète de tous les Jean-Michel du cumul. « Le jour où vous n’aurez plus que des apparatchiks des partis politiques qui passent leur semaine à Paris (1), ils ne connaitront plus rien de la réalité de leurs concitoyens ». Car, évidemment, un député à mandat unique n’aurait aucun désir de se faire réélire et de labourer pour cela sa circonscription pendant son mandat. Un sénateur à mandat unique ne se soucierait nullement de rencontrer les maires et autres élus de son département, ceux-là même qui l’ont élu et qui le rééliront ou le sanctionneront 9 ans (mais p… que c’est long 9 ans !) plus tard.
Jean-Michel de tous les cantons, villages, villes et agglos, vite, trouvez autre chose ! Car on va finir par trouver des raisons cachées…

 

(1) peut-être qu’on verra moins ces images de travées vides ou remplies d’individus assoupis – NDLR