Cahuzac et la com

Hier matin sur France Inter, Fabrice Arfi artisan du dossier Cahuzac sur Mediapart, a souligné le rôle d’une grande agence de communication auprès de l’ex ministre du budget. Au service de son commanditaire, celle-ci aurait œuvré dans l’ombre afin de nourrir une sorte de loi du silence à laquelle le monde politico-médiatique est accusé de s’être longtemps soumis malgré les révélations du site d’information en ligne.

Si l’affaire Cahuzac ne va pas redorer l’image du monde politique, elle ne va pas arranger celle de la communication publique. La fraude fiscale de M. Cahuzac étant établie (par ses aveux), l’opprobre doit-il s’étendre sur les professionnels qui ont travaillé à sa défense médiatique ? Ils pourront toujours dire, à l’instar du Président et de son Premier ministre, qu’ils n’avaient aucune raison de ne pas le croire quand il assurait le contraire de la vérité (à nous de trouver des raisons de les croire…). Mais ce n’est pas le sujet.

On objectera que personne ne conteste l’utilité de la profession d’avocat lorsque celui-ci assure la défense d’un « très présumé coupable » (pardon pour ce concept très juridiquement incorrect), voire d’un accusé qui renonce à plaider son innocence. Parmi les plus célèbres d’entre eux, certains se sont même fait une spécialité des « causes indéfendables ». Et pas seulement au nom de leur position au service de leur client. Car si les avocats ne sont pas (forcément) au service de la justice, ils sont bien (indiscutablement) au service du droit.
Peut-on prolonger le parallèle pour les conseils en communication quand ils travaillent pour le compte de personnes, d’institutions ou de projets dont l’œuvre d’intérêt général n’est pas… forcément avérée ? Au nom de quelle fonction socialement utile, notre métier s’exerce-t-il ? Je veux croire que la réponse existe mais, pour l’heure, je donne ma langue au chat.