Influencia-mai2013

Ca fait du bien de se sentir moins seul !

« Les publicitaires renoncent à être des gourous… »
C’est sous ce titre qu’Influencia, la newsletter de la communication et des tendances, commente le questionnement du patron d’Havas autour de la poursuite ou non de son activité de conseil politique.
Avec  les brillantes références de prestations rendues auprès de DSK et de Cahuzac, il y a effectivement matière à s’interroger.
Mais Influencia n’en reste pas au constat d’un échec personnel ou même collectif. En bon décrypteur de tendances, le « mythologue » Georges Lewi qui signe l’article fait le réquisitoire d’une prétention publicitaire à exporter abusivement ses méthodes, ses techniques, bref son métier dans un domaine qui n’est pas le sien.

Sous le leitmotiv « Vendre un baril de lessive ou un homme politique, le (la même)….(technique, storytelling, métier, vérité) ?« , G.Lewi met la réponse dans les questions. Prisonniers de leurs paradigmes, les publicitaires s’efforcent de donner une personnalité à des marques qui n’existent pas et veulent transformer en marques des hommes et femmes politiques bien réels ! Il conclut ainsi : « Les publicitaires, gens intelligents auraient dû comprendre depuis longtemps que la marque est un -objet- et le politique un -sujet- ».
Ca fait du bien de se sentir moins seul !
Ca fait du bien. Mais se sentir moins seul reste encore un sentiment de compagnie relative.
Car la confusion des genres n’a cessé de progresser entre un marketing publicitaire logiquement voué à toutes les formes de marchandisation et une communication politique logiquement dédiée à l’espace public (au sens d’espace de la discussion selon la définition de Dominique Wolton).
Malgré l’éclosion de structures spécialisées en communication publique, la culture publicitaire n’a en rien reculé sur ce…marché. On y « benchmarke » à tout va. On « brandise » tout ce qui bouge.
Il en est allé de même en communication politique. L’étiolement des clivages idéologiques a érigé d’utiles techniciens de la communication en funestes gourous. Le commentaire politique des médias en est devenu un décryptage de la communication bien plus qu’une analyse et une confrontation des projets.
A qui la faute ?…
Que la politique reprenne le pouvoir sur la pub. El la communication s’en trouvera bien mieux.